Et si on voyageait un peu ce matin ? A Rio de Janeiro on ne connait pas la crise, les prix de l’immobilier s’envolent notamment avec l’arrivée de la coupe du monde en 2014 puis les JO en 2016 !

Les chiffres donnent le vertige, même aux professionnels les plus aguerris. En moins d’un an, les prix de l’immobilier ont augmenté de 18,8 % à São Paulo et de près de 20 % à Rio de Janeiro. Et depuis janvier 2008, les prix moyens des appartements paulistes et cariocas ont grimpé respectivement de 144,1 % et 178,2 %.

Cette envolée vertigineuse des prix a fait du Brésil, loin devant la Chine, le champion mondial de la valorisation immobilière, selon un classement Global Property Guide. Et l’un des marchés étrangers les plus recherchés depuis deux à trois ans par les acheteurs français.
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Les raisons ne manquent pas. L’économie du pays, même si elle connaît un ralentissement ces derniers temps, reste extrêmement dynamique comparée au Vieux Continent. A Rio, la Coupe du monde, organisée en 2014, puis les Jeux olympiques, deux ans plus tard, offrent la perspective de prix immobiliers élevés au moins jusqu’en 2017, selon les spécialistes.

Les travaux de réhabilitation de certains quartiers et la présence des unités de police pacificatrice (UPP) dans une vingtaine de favelas de la zone sud ont donné un cadre supplémentaire à cette flambée des prix. A l’image de cette voie express, le « couloir olympique », situé à l’ouest de Rio, entre les quartiers de Barra da Tijuca et Recreio, et qui accueillera le village olympique, qui a vu sa valeur grimper de 50 % en 2010.

La pénurie de logements, malgré les nombreux programmes de construction, fait le reste. Pour acheter, les modalités s’avèrent relativement faciles pour un étranger. Même s’il doit s’entourer de certaines précautions, comme la présence recommandée d’un avocat, les procédures, une fois les documents « cristallisés », comme on dit ici, peuvent être rapides.

« Demande inassouvie »

L’obtention d’un numéro d’identification fiscale (Cadastro pessoa fisica ou CPF), indispensable pour ouvrir un compte en banque ou acheter un bien, est accessible à un non-résident s’il possède une adresse au Brésil, dans le cas par exemple d’un investissement immobilier. « On arrive à une certaine stabilisation des prix à Rio, affirme Thierry Botto, consultant chez CB Richard Ellis. Il restera quelques poches où les prix vont grimper çà et là. En revanche, sur le long terme, les prix vont encore monter. »

Selon l’expert, le pays tient sa singularité également dans ses taux d’intérêt. En Espagne, par exemple, le crédit immobilier représente 80 % du PIB ; en France 38 % et en Irlande 110 %, alors qu’il ne correspond qu’à 4,5 % au Brésil. « Ce type de crédit est extrêmement récent, précise Thierry Botto. Il existe une demande inassouvie et un manque de financement dans le secteur. Les marges sont importantes et, contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de bulle brésilienne, elle n’existe pas. »

Après la venue de nombreux retraités pendant des décennies, il y a désormais beaucoup de jeunes qui cherchent à louer ou à acheter, affirme, sous couvert d’anonymat, un entrepreneur parisien, fin connaisseur du secteur et propriétaire d’une maison achetée à Vidigal, une petite favela de Rio blottie face à la mer et entourée des quartiers chics de la ville.

Ici, les Copacabana, Ipanema et Leblon sont saturés, mais il existe encore de bons investissements dans bien d’autres quartiers. A condition de faire vite.